la_couleur_du_lait

Petit roman singulier et puissant. Un coeur simple. L'art de se raconter, de se dire au plus près. Aucun affect, aucune fioriture, le mot se colle au plus près des choses, de la vie. Le mot se fait vie. Mary raconte  ce qui lui vient dans la nature et auprès des êtres, ce qu'elle dit. Ce qu'elle dit est toujours direct et juste. Tout sort du coeur sans affectation, ni perversion.

Il y a de la magie dans ce petit roman : on entend la voix de Mary, grâce au style du langage parlé. Cette voix nous donne accès à un petit village du Dorset en 1824. En quelques paragraphes, quelque chose de beaucoup plus vaste se dessine. Evocation précise.

Première phrase :"Ceci est mon livre et je l'écris de ma propre main." Dernière phrase: "Je serai libre." Deux balises. Entre, le temps qui passe, quelques événements rendus à leur juste proportion, on ne s'y attarde pas, on ne se lamente pas. Pas de pathos, aucun regret, aucun tristesse.Une vie vécue pleinement, en pleine acceptation. 

Il m'est venu à l'esprit cette première phrase célébrissime : "Longtemps je me suis couché de bonne heure."   Point d'affectation ni d'illusion.

Ce roman arrive à point nommé dans ma vie.