Partir dans le désert, sans rien, c'est bien beau mais c'est encore mieux lorsque l'on est passé à la médiathèque avant et que l'on a rempli son cabas de mots imprimés pour se consoler, se guérir, rire, se déporter, s'assouplir, danser, cuire !!! Donc, je ne suis pas partie sans rien.

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Livres

 

La grenouille qui ne savait pas qu'elle était cuite... et autres leçons de vie,Olivier Clerc, Poche Marabout Psy.

L'auteur raconte des historiettes rigolotes et en tire des conclusions originales. Il parle des Créatifs Culturels : une catégorie sociale en pleine expansion. Ceux qui ne prennent pas pour argent comptant le gloubi boulga qui s'échappe des médias et mènent leur vie en conscience.

Une de ses idées m'a semblait intéressante. Il met en forme une intuition qui m'avait traversée l'esprit alors que je me trouvais dans un immense et  dispendieux musée qui recelait des objets du quotidien. Il souligne notre acharnement thérapeutiques sur les oeuvres des hommes et de la fossilisation du passé. "Des fortunes sont dépensées pour préserver de l'inévitable ruine du temps des oeuvres ayant fait plus que le leur... alors que les mêmes sommes pourraient soit alimenter de nouvelles créations, soit répondre à des besoins très actuels, qu'ils soient sociaux, écologiques ou autres. Il y a dans cette attitude un refus de la vieillesse, de l'usure, de la mort..." page 135.

Il explique qu'au Nord de l'Inde, une fondation avait levé des fonds pour la restauration d'une statue de Bouddha branlante et très abîmée. L'argent est remis aux autorités locales qui n'en ont fait qu'à leur tête : ils ont procédé à la démolition et en ont reconstruite une flambant neuve avec les couleurs criardes qu'ils affectionnent. Ils étaient contents, car cela a coûté beaucoup moins cher (enfin, je suppose : l'histoire ne le dit pas !).

 

Le grillon vert , Jean Anglade, Pocket.

Chroniques dans l'entre-deux guerre, d'un quartier populaire de Clermont-Ferrand. Ville de Blaise Pascal. Histoires adorables.

J'ai retenu que "j'en suis tombé sur le potiron" c'est "j'en suis tombé sur le derrière" et "se gratter le cassis", c'est "se gratter la tête".

Que voulez vous, du fond de mon lit, cela m'a fait rire.

 

De l'âme, François Cheng, Albin Michel.

Lui, entre autres pensées sublimes, nous propose une play-list de musiques élevant l'âme et le corps. Ce n'est pas rien. Je la recopie pour les moments de lourdeur terre à terre.

"Le chant d'Orféo de Monteverdi, la Passion selon saint Matthieu et les cantates de Bach, le Requiem de Mozart, les quatuors de Beethoven, Winterreise et les sonates de Schubert, telles pièces de Couperin, de Brahms, de Dvorak, de Chopin, les Quatre Derniers Lieder de Richard Strauss, Le Chant de la Terre de Mahler, le Requiem de Fauré, les Dialogues des carmélites de Poulenc, les louanges de Saint François d'Assise de Messiaen... Ce sont là les essences de l'Etre résumées en chants épurés par l'âme humaine. ...la Mélodie hongroise en si mineur de Franz Schubert...interprétée par David Fray." page 113.

 

Du plaisir d'être soi, Sophie Peters, Editions François Bourin.

Page 99 un petit mantra qui dit :"Désolé, pardon, merci, je t'aime." Et bien sûr, plein d'autres choses inspirantes.

 

Danser avec le chaos, Accueillez l'inattendu dans votre vie, Jean-François Vézina, Auteur des Hasards nécessaires, Les éditions de l'Homme.

Il nous présente le trickster, personnage farceur et rusé, qui se cache dans l'inattendu. La maladie est un des modes d'expression du trickster. Ses attributs sont l'humour, le jeu, la ruse, il met en relation les contraires, il guide autant qu'il mêle les pistes....

J'ai ressorti mon exemplaire des Bacchantes d'Euripide (405 avant JC) pour en lire les dernières phrases contenant le mot inattendu.

Les choses divines ont bien des aspects.

Souvent les dieux accomplissent ce qu'on n'attendait pas.

Ce qu'on attendait demeure inachevé.

A l'inattendu les dieux livrent passage.

Ainsi se clôt cette aventure.