Trois jours à se traîner, faire les choses à contre-coeur, sentir une nausée légère mais persistante. Des cernes se dessinaient sous mes yeux. Et n'avoir qu'une envie se mettre au lit. Puis finalement, ne pas se lever le matin. Se dire que cette fois, ce ne sera pas une grippe mais un rhume de cerveau de rien du tout et qu'un jour ou deux de repos suffiront à arrêter les symptômes.

Naïve que j'étais. La douleur telle une bête sauvage, profitant de la sombre nuit reflua de mon ventre et me remplit d'effroi et de sueur. C'était une douleur connue, déjà vécue maintes fois. Une douleur indicible et péremptoire. Mon imaginaire s'enflamma : les urgences, hémorragies, bloc opératoire, chimio... Je ne vais pas pouvoir partir en vacances... Mais, c'était sans compter les anges qui me tenaient la main. D'abord, boire : de l'eau, une tisane et se faire préparer une bouillotte. Détendre le corps, réciter mon mantra. Celui qui fabrique de la Lumière. Ne pas se laisser tenter par les anti-douleurs mais lui dire à Elle, que j'étais prête à laisser tout l'espace et à l'écouter. Elle, féminine, venant du fond des âges, que j'enfermais depuis si longtemps. La laisser s'installer comme une Amie, la bercer et dans un souffle la voir partir dans une pluie de paillettes. La Souffrance venait de se changer en fête et elle m'invitait. Merveille des Merveilles.

Tout ça, parce que je voulais le Vide pour quelques jours : moins de nourriture, moins de télé, moins d'agitation. Il me reste encore 38 jours.

j_sus_dans_le_d_sert