Il ne me reste rien de ces jours au désert.  Sauf le joyeux étonnement de voir des pans entiers de vieilles choses pulvérisés par le silence gagnant du terrain. Et les moments où j'ai pris soin du cataclysme en perdant la notion du temps. Il m'a bien fallu continuer à ranger la maison alors que la machine à laver tournait et à cuire le riz ou les légumes. Alors, j'étais toute à cet affairement primordial prenant des airs de balise. L'hiver s'est fait complice de l'anéantissement pour m'emmener sur les rivages d'un printemps qui veut durer. Ni l'attente, ni personne ne m'obligent plus à découper le temps. Il me semble que le fracas a cessé. L'éclatante solitude a eu raison de l'éparpillement. Je n'ai plus la même figure.