Avant midi et après 18 heures. C'étaient les moments de nos longues marches, au bord de la plage, les tongs à la main. L'eau était plus chaude que l'air. Bien sûr que nous bavardions. Mais à bâtons rompus sans être attentives, sans écouter vraiment. Toujours étonnées de l'étendue, de la rumeur de l'eau. Jamais blasées d'imprimer le modelé du pied sur le sable lisse et parfait, de sentir le sable se dérober sous le talon, la cheville souffrir un peu et se fatiguer plus vite.

Savourer la possibilité d'aller plus loin dans l'eau et de se mouiller tout entière. Le soleil brûlant était compensé par un petit air frais juste comme'il fallait.

Sentir que nous étions les Filles de cette mer. Cette eau, ce sable et ce soleil se retrouvaient dans nos profondeurs.

Le premier matin, il nous a été donné de danser la salsa, sur le sable doux et chaud. Comment résister à la musique ? Danser au soleil, alors que la matinée débute. Se mêler à un groupe d'inconnus et partager quelques minutes d'éternité et de pur hasard. Au début, il y a un peu d'émotion car c'est improvisé, devant tout le monde, sans rien savoir. Puis, il n'y a plus que la joie qui monte et la conscience de vivre un instant parfait. Se rendre compte qu'il suffit de se balancer et de laisser tomber cette satanée crispation des bras.

Le soir, nous croisions des Majorquins lors de nos balades. C'étaient des pêcheurs ou des couples sur des pliants. Face à la mer, ils plantaient leurs yeux sur l'horizon. Rien ne paraissait sur leur visage ; c'était une cérémonie secrète. Ils se remplissaient d'Elle, pour vivre le lendemain. Le Majorquin est silencieux et sombre mais il sait ce qui est important.

Puis, le soleil disparaissait derrière Palma.

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