Cette semaine, il y a eu d'abord:

- ce vieil éditorial de Paulo Coelho, datant de 2014, dans le premier numéro d'HAPPINEZ. Il nous décrit toute la peine qu'il a, à rester inactif : "Aujourd'hui, je n'ai absolument rien sur quoi me pencher. C'est effrayant... Je lutte contre moi-même pour ne pas me lever et aller à la papeterie acheter de la colle. Je me sens très angoissé, mais je suis décidé à rester ici, sans rien faire, pendant au moins quelques heures."

- Krischnamurti a continué d'enfoncer le clou avec La nécessité d'être seul.

- Puis, Pascal et ses Pensées

"...j’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s’il savait demeurer chez soi avec plaisir, n’en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d’une place."  Fragment Divertissement n° 4 / 7 – Éditions savantes : Faugère II, 31, II / Havet IV.2 / Michaut 335 / Brunschvicg 139 / Tourneur p. 205-3 / Le Guern 126 / Lafuma 136 / Sellier 168.

Dans l'espace et le silence de l'atelier, je me suis souvenue.

Un après-midi d'avril niçois. L'air était tiède. La sonnerie du téléphone m'a sûrement fait sursauter. C'était le lycée de Florence. Elle avait encore séché ses cours de la veille. Un ras-le-bol et une colère froide m'ont envahie. Heureusement, elle n'était pas là. Lorsqu'elle est rentrée, j'avais eu le temps de me calmer. Bien sûr, je lui demandais des explications. Je voulais savoir absolument ce qu'elle avait foutu tout l'après-midi au lieu d'aller en cours. Je paniquais et refusais d'avoir encore à gérer ce genre de difficultés. Très calmement, elle me raconta qu'elle avait passé son temps, au soleil, assise entre les deux immeubles de notre copropriété et qu'elle avait perdu la notion du temps tellement elle était bien.

Stupéfaite, je lui demandais de m'emmener à l'endroit "des délices". Elle m'accompagna bien volontiers sur le lieu. Un bac en béton, dans lequel était planté un arbre lui avait servi de banc. Le lieu était tranquille, dégagé et verdoyant. De là, on pouvait voir la mer. Je ne savais plus que dire. Nous sommes rentrées en silence.

J'ignorais encore à ce moment-là, le cadeau somptueux qu'elle venait de me faire.

Je m'applique aujourd'hui à vivre cette grâce. Celle qui est accordée aux jeunes années et qui, fragile, s'oublie si vite.

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Je viens de vider mes épluchures dans le compost - mon regard est arrêté par les abeilles qui butinent le chèvre-feuille - nous allons déjeuner en retard.

C'est un début, un apprentissage à l'art de ne rien faire. Soyez indulgent, je commence à peine !