Rangement d'été. Je m'attaque aux appareils ménagers.

Je me sépare de ma yaourtière.

Je garde le gauffrier et le blender, derniers achats que je sors vraiment occasionnellement.

Mention spéciale au mixeur plongeant : c'est celui que j'utilise le plus. Mais, littérairement parlant, il est de peu d'intérêt.

Ce qui n'est pas le cas des 2 héros du jour ci-dessous :

LE PREMIER

 

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Celui-là vient de Cambridge.

Un jour, il me vient une envie folle de posséder un K.... A.... Merci les publicitaires ! C'est trop cher. J'appelle ma soeur qui vit à Cambridge pour savoir si elle ne peut pas m'en dénicher un d'occas. Elle me dit :"C'est drôle, ma voisine veut me donner celui qu'elle a récupéré chez sa belle-mère. Il est tout neuf. Je te l'envoie pour ton anniversaire."

Super. Je reçois l'objet de ma convoitise bien empaqueté. Effectivement, il est vieux (années 70) mais très neuf. Bizarre : il sent drôle. Je l'ouvre et là ça pue vraiment. Il y avait, incrustée sous le bol et même dans le moteur de la pâte à gâteaux depuis les années 70 ! J'ai supposé qu'à la première utilisation, la meuf a mis une telle quantité d'ingrédients dans le bol que ça a giclé de partout. Elle s'est pris les nerfs. A tout refermé, remis la jolie protection en tissu à fleurettes, rangé dans le carton, l'a posé sur une étagère, dans son garage jusqu'à sa mort. Je souhaite pour elle qu'elle n'ait pas fait la même chose avec ses émotions, idées et sensations un peu cracra car ça sent pas bon et ça devient dur comme de la pierre !

C'est bibi qui s'est coltiné le décrassage soigné de ce petit bijou qui fonctionne à merveille depuis.

LE SECOND

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Celui-là, c'est le plus vieux et le plus utile.

Je venais de m'installer dans un joli studio de célibataire, dans une résidence avec piscine à Antibes. J'allais avoir 23 ans, c'était pour moi le comble du luxe. Autonome et tranquille. J'avais un amoureux transi et fidèle mais qui vivait chez ses parents. Une vie de rêve. Bien loin de toute préoccupation de cuisinière !

Le soir de mon anniversaire, il vient me chercher à la sortie de mon travail et me dit qu'il a bien réfléchi (gloups) et qu'il veut me faire un cadeau surprise. Me voilà, ravie.

Il m'emmène à Carrouf sur les collines antiboises. C'est là, que l'on prend toute la mesure de la dissension entre l'esprit féminin et l'esprit masculin. Si jeune ! Mais on reste, allez savoir pourquoi ! Légèrement refroidie, mais encore confiante, je suis mon "promis" dans le supermarché. Au rayon électroménager... Devant les robots les plus chers (quand même !).

30 ans après je me souviens encore de mon effroi et de mon embarras ! Au lieu de fuir, j'ai murmuré un vague :"tu crois que je mérite ça  ?" Ma question était à double sens... Finalement, nous avons conclu et il s'est ruiné. C'est l'histoire de toute notre vie de couple : une idée saugrenue, une acceptation et il est à sec car je choisis toujours le plus bel article !

J'ai  eu droit quelque temps après au livre de Françoise Bernard "La cuisine simple" - message subliminal et récidive. Je viens de le mettre au papier car il était très abîmé mais je ne l'oublie pas.