Rien ne se voit. Mais moi je sais. Cette année encore, le bel été va me passer sous le nez. Trop de tout. Alors que la nature est à son zénith, je me traîne. Je demande de l'aide au chinois de service celui qui sait les routes du qi. Avec zèle, il pique et repique. L'amertume, le fiel, la bile me montent à la bouche et je mâche, remâche. Puis crache et recrache. Exténuée, je dissèque. Je trépigne, m'agite, tournicote. Rien d 'autre ne compte.

Illumination : ce n'est pas que de la salive épaisse et empoisonnée c'est aussi "la mère tue me"... Lettres de lumière qui s'installent dans ma boite crânienne et je suis rassérénée. D'autant que je bois de la tisane de partenelle à tour de bras (amère comme le fiel) pour nourrir mon coeur. Je m'occupe de deux encombrants, deux monstres à la fois... L'été porte ces audaces. Feu d'artifice.

Ensuite sensation d'automne. Reprise. Légère mais réelle.

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Une petite nappe modeste et fluide mais trouée.

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La nappe est reprisée. Point de reprise. Cela mérite un poème :

"Monades disloquées, nous voici à la fin des tristesses prudentes et des anomalies prévues : plus d'un signe annonce l'hégémonie du délire" CIORAN Emil, Syllogismes de l'amertume, p.16.